Cirque
Sortie le 23 août chez Kythibong

Figure importante de la musique concrète, Michèle Bokanowski est née le 9 août 1943 à Cannes d’une mère musicienne et d’un père écrivain. Elle vit et travaille aujourd’hui à Paris. Passionnée de musique dès l’adolescence, c’est relativement tard, à 22 ans, que Michèle Bokanowski décide d’étudier la composition. La lecture d’À la recherche d’une musique concrète de Pierre Schaeffer fut déterminante. Après une formation classique en harmonie, elle rencontre Michel Puig, élève de René Leibowitz, qui lui enseigne l’écriture et l’analyse d’après le Traité de Schönberg. En septembre 1970 elle débute un stage de deux ans au Service de la Recherche de l’ORTF sous la direction de Pierre Schaeffer. Parallèlement elle participe à un groupe de recherche sur la synthèse du son, étudie l’informatique musicale à la Faculté de Vincennes et la musique électronique avec Éliane Radigue. Ses principales œuvres sont destinées au concert : Pour un pianiste, Trois chambres d’inquiétude, Tabou, Phone Variations, Cirque, L’étoile Absinthe, Chant d’Ombre, Enfance, Rhapsodia, Cadence, Elsewhere. Elle a composé également pour le théâtre (avec Catherine Dasté), la danse (avec les chorégraphes Hideyuki Yano, Marceline Lartigue, Bernardo Montet) et le cinéma : musique des courts-métrages de Patrick Bokanowski et de ses deux longs métrages L’Ange (1982) et Un Rêve solaire (2016).

« Étonnant parcours de Vie auquel nous invite Michèle Bokanowski sur la piste de Cirque. Galop du temps, tourne, tourne, et disparaît dans les coulisses du réel, seule apparente ouverture du cercle tracé, genèse. Enfance emportée dans la clameur et les rires d’une entêtante ivresse de vie, suspendue, au fil de sa dérisoire précarité. En filigrane apparaît, obsédant, ricanant dans sa toute puissance, le destin, toujours proche du drame. Éphémère victoire. »Eliane Radigue

Le cirque est un lieu de lumières et de couleurs, mais aussi d’ombres, voire de ténèbres. Certes, il enchante les enfants et fait rire les adultes. Mais il suffit de passer un soir d’automne pluvieux à proximité d’un chapiteau et de sentir l’odeur du fourrage pour songer à la tristesse des clowns, au dressage interminable des animaux et aux freaks qui sont cachés dans une quelconque roulotte… Au cinéma, l’essence du cirque – mouvement, lumière, danger et burlesque – aura été admirablement rendue dans les Notes on the circus de Jonas Mekas (1966), un des inventeurs du journal intime filmé. Avec Cirque, Michèle Bokanowski fait un travail similaire, entièrement dévolu au tournoiement, dans le domaine musical.